Maladie de Lyme : méfiez-vous des tiques !

Mis en ligne le 22 mars 2007  

Entre 5 000 et 10 000 personnes seraient atteintes par la maladie de Lyme chaque année en France. Cette maladie infectieuse est due à une bactérie transmise à l’homme par des tiques. Elle se manifeste par des signes cutanés, des douleurs articulaires et des affections neurologiques qui peuvent conduire à une paralysie localisée.

Les bois, lieu de prédilection des tiques

Cette maladie infectieuse et non contagieuse, aussi appelée Borréliose de Lyme, est due à une bactérie contenue dans l’abdomen des tiques : la Borrelia burgdorferi.
Longtemps méconnue, la maladie de Lyme fait l’objet, depuis 2002, d’un programme d’observation mené en France par le Centre national de référence des Borrelia de l’Institut Pasteur, à Paris.
« Nous ne disposons pas, pour le moment, de données suffisantes pour évaluer plus précisément l’incidence de la maladie au niveau national, explique Muriel Cornet, médecin biologiste et directrice du centre national des Borrelia à l’Institut Pasteur. Mais nous savons qu’elle touche particulièrement l’est et le centre de la France. »

Une plaque rouge qui apparaît et disparaît

Les premiers symptômes de la maladie se manifestent entre trois jours et un mois après la piqûre. Une plaque rouge de quelques centimètres de diamètre, décolorée au centre, apparaît à l’endroit où la tique a mordu : c’est l’érythème migrant.
Cette plaque, indolore, s’étend ensuite avant de disparaître spontanément au bout de quelques semaines. C’est la première manifestation visible de la maladie.

Les complications possibles

« En l’absence de traitement, poursuit Muriel Cornet, la maladie peut entraîner des douleurs articulaires, des manifestations cutanées ou encore des troubles neurologiques avec parfois une paralysie faciale. Plus rarement, on peut aussi observer des troubles cardiaques ou visuels.Chez l’enfant, un lobe de l’oreille qui devient violet et gonflé est un signe de la maladie. »
Malheureusement, ces symptômes peuvent apparaître plusieurs mois après la piqûre, ce qui complique le diagnostic.
D’autant plus que la morsure de tique passe souvent inaperçue : « Quelques jours après avoir déplacé un tas de bois dans mon jardin, j’ai ressenti des douleurs dans les doigts et une plaque est apparue sur mon avant-bras, relate Yannick, 67 ans, ingénieur retraité des travaux publics. Je ne savais pas que j’avais été piqué par une tique. Je suis allé voir mon pharmacien qui m’a conseillé de désinfecter la zone. Malgré cela, la plaque est restée. » Devant son ampleur, Yannick se rend aux urgences.
Le médecin ne diagnostique pas la maladie et lui prescrit une pommade anti-allergique. « Quelques jours après, la plaque a disparu et j’ai commencé à avoir mal au dos. Au bout de quelques semaines, la douleur était telle que je n’arrivais plus à dormir, se souvient-il. C’est mon généraliste qui a pensé à la maladie de Lyme. Après avoir reçu mes examens de sang, il m’a prescrit des antibiotiques. J’ai mis plus d’un mois à m’en remettre ! »

Bien se couvrir les jambes

Le risque de se faire piquer est plus important du printemps à l’automne, période où la densité des tiques est la plus forte.
Pour prévenir les risques, mieux vaut se couvrir les jambes et porter des chaussures fermées : les tiques se trouvent le plus souvent dans les herbes hautes, entre 20 et 50 centimètres de hauteur.
Les enfants risquent de se faire piquer au niveau des bras, du visage et du cuir chevelu : après chaque balade, inspectez scrupuleusement leur épiderme, notamment au niveau du crâne et des plis (genoux, aisselles, bras).

Enlever la tique le plus rapidement possible

Plus elle reste fixée longtemps et plus le risque de contracter la maladie augmente.
« Si vous trouvez une tique sur la peau, conseille Muriel Cornet, il ne faut pas attendre mais l’extraire le plus vite possible. »

« Contrairement aux idées reçues, il ne faut surtout pas enlever une tique avec un produit, par exemple de l’éther : au contact de cette substance, la tique peut régurgiter, ce qui favorise le passage des bactéries dans le sang. Le mieux est de la retirer à l’aide d’une pince à épiler, en tirant doucement au plus près de la peau dans l’axe de son corps. Il faut ensuite appliquer un désinfectant sur la zone touchée. »
Une fois la tique enlevée, il faut surveiller de près l’apparition éventuelle de l’érythème migrant et consulter au moindre doute : en moyenne, seules 10 % à 15 % des tiques sont porteuses de Borrelia et sont susceptibles de transmettre l’infection à l’homme.

source : France Mutualité