Médicaments insuffisants : de nouvelles vignettes passent à l’orange

Mis en ligne le 1er décembre 2006  

A partir de 2007, 41 médicaments passent à la vignette orange, qui signale le taux de remboursement Sécu le plus bas : 15 %.

Il s’agit, pour la plupart, d’anti-diarrhéiques et d’antitussifs considérés comme insuffisants par les scientifiques de la Haute Autorité de santé (HAS).



-  Blanc : 65 %
-  Bleu : 35 %
-  Orange : 15 %

C’est la couleur de la vignette apposée sur les boîtes des médicaments qui détermine le taux de leur remboursement par la Sécurité sociale.

Le taux le plus bas est désormais appliqué à 41 médicaments qui étaient, auparavant, pratiquement tous remboursés à 35 %.

Il s’agit essentiellement d’anti-diarrhéiques,
-  comme l’Ercéfuryl® (nifuroxazide),

ou de médicaments utilisés en oto-rhino-laryngologie,
-  comme le Surbronc® (ambroxol).

Pour tous ces produits, des alternatives existent : soit une adaptation de l’hygiène de vie, soit un traitement médicamenteux plus efficace.

Prenons l’exemple de la diarrhée, pour laquelle la meilleure prise en charge thérapeutique, selon les scientifiques, « « doit être la réhydratation, tout particulièrement chez le nourrisson » ». Boire beaucoup d’eau et utiliser des solutés de réhydratation orale remplace donc avantageusement la prise d’un anti-diarrhéique.

Les experts de la Haute Autorité de santé (HAS) considèrent que l’intérêt scientifique de ces médicaments est insuffisant pour justifier un remboursement par la Sécurité sociale.

Lors de sa dernière réévaluation, en octobre 2006, cette instance indépendante a étudié 133 médicaments et a préconisé le déremboursement de 89 d’entre eux pour service médical rendu insuffisant. Contre toute attente, le ministre de la Santé n’a pas suivi cet avis.

Pour ces 41 médicaments, il a « coupé la poire en deux » : leur remboursement baisse à 15 % pendant une année avant leur déremboursement intégral.

Il reconnaît donc implicitement leur peu d’efficacité mais sans oser prendre la décision qui semblait s’imposer : l’arrêt de toute intervention de la Sécu.

La Mutualité française, à laquelle votre mutuelle appartient, ne s’écarte pas de la voie qu’elle a choisie : faire confiance aux scientifiques et cesser toute prise en charge des produits dont la HAS préconise le déremboursement.

Pour les mutuelles, il est dans l’intérêt du patient de bénéficier des meilleurs traitements, ce qui implique la réévaluation régulière des médicaments et l’abandon de ceux qui n’apportent rien à leur santé.

C’est un sujet que vous pouvez aborder avec votre médecin traitant : lorsqu’il vous prescrit un traitement, vous pouvez évoquer avec lui son taux de prise en charge par la Sécu. S’il renouvelle une ordonnance comportant un médicament sur lequel vous avez trouvé une vignette orange, vous pouvez le lui signaler. Dans ces deux cas, n’hésitez pas à lui demander s’il existe des alternatives médicamenteuses ou d’hygiène de vie à ces spécialités.

La liste des médicaments réévalués est sur le site de la Haute Autorité de santé : www.has-sante.fr