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Une enquête de l’Inserm, rendue publique le 3 mai, révèle une « augmentation significative » de l’asthme et des allergies chez des enfants fréquemment exposés aux polluants atmosphériques, comme les particules émises par les voitures.
Une étude de l’inserm L’Institut national de la santé et de la recherche médicale a mené son étude auprès de 7 642 enfants, âgés de 10 ans en moyenne et résidants à Bordeaux, Créteil, Clermont-Ferrand, Marseille, Reims et Strasbourg. Les résultats, rendus publics le 3 mai, mettent en évidence « une augmentation significative » des allergies et de l’asthme chez près de 5 300 enfants fréquemment exposés au dioxyde d’azote (NO2) ou aux particules fines émises par les voitures. Pour ces polluants, les valeurs limites recommandées par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) sont respectivement de 40 grammes/m3 et 10 microgrammes/m3. Elles ont été « longtemps considérées comme acceptables et sans danger. Mais de plus en plus de données indiquent que l’on trouve des effets nocifs pour des valeurs qui ne les dépassent pas de beaucoup », explique Isabella Annesi-Maesano, chargée de recherche à l’Inserm. Il s’agit de symptômes « allergiques, respiratoires, cardiovasculaires... », précise-t-elle. Des capteurs dans 108 écoles Ainsi, les enfants qui vivent depuis au moins huit ans dans des lieux pollués présentent davantage de pathologies que les enfants habitant dans des zones où les seuils maximum ne sont pas atteints : 2 fois plus d’asthme allergique, 1,5 fois plus d’asthme à l’effort et 3 fois plus d’eczéma, rapporte l’étude. Pour obtenir ces données, des capteurs ont été installés dans 108 écoles. Objectif : étudier la pollution à proximité de ce lieu de vie et, surtout, mesurer l’exposition à l’intérieur des locaux : classes, cantines, hall, préau... En parallèle, des médecins ont effectué un bilan de santé des enfants. Des tests allergologiques ont été réalisés afin de « déterminer les origines des allergies ». Enfin, les enfants se sont livrés au « test de la course libre » pour déceler un éventuel asthme à l’effort. En outre, des questionnaires ont permis de cerner des antécédents d’allergies. Il en ressort que « près d’un jeune sur quatre a souffert ou souffre d’eczéma, un sur cinq de rhinite allergique et un sur dix souffre d’asthme ». Des allergies préoccupantes Au cours de l’année précédant l’enquête, 8,1 % des enfants ont eu « des symptômes évocateurs d’asthme ». Pendant la période de l’étude, « 10,6 % des enfants ont présenté un eczéma et 8,6 % un asthme d’effort, quelle que soit leur exposition aux polluants ». « Avec une prévalence de près de 30 % dans le monde, les allergies chez l’enfant deviennent de plus en plus préoccupantes », rappelle l’Inserm. En France, « on compterait environ 25 % d’allergiques et ils sont chaque année de plus en plus nombreux ». Les personnes les plus vulnérables sont « les asthmatiques et les enfants ». Une question d’atmosphère ? Les polluants atmosphériques sont d’autant plus dangereux que les particules fines « peuvent rester en suspension pendants des heures et même des jours », souligne l’Inserm. « Plus leur taille est réduite, plus elles pénètrent profondément dans les voies aériennes », jusqu’aux bronches, « déclenchant asthme et allergies respiratoires ». Q Quant au dioxyde d’azote, il « irrite les poumons » et « diminue les défenses de l’organisme contre les infections des voies respiratoires ». Un problème de santé publique à prendre à bras le corps... source : afim |
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